Arrimages, épisode 1 : La campagne de sensibilisation aux différents visages de la pauvreté dans la MRC de L’Érable de Droits Devant Érable

Le premier objectif du Programme de développement durable à l’horizon 2030 est « Pas de pauvreté ». Toutefois, pour viser à éliminer la pauvreté, il faut d’abord reconnaître son existence et les réalités des personnes qui la vivent. Droits Devant Érable, un organisme de défense collective des droits, a justement lancé la campagne V.E.R.S. Cette campagne vise à sensibiliser la population aux différents visages de la pauvreté dans la MRC de L’Érable. Pour en savoir plus sur la création de cette campagne et comment elle se déploie, notre agente de communication, Audrey Michel, s’est entretenue avec Yvon Poudrier, agent de développement chez Droits Devant Érable.

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Notes d’épisode

Pour visionner les capsules de la campagne V.E.R.S

Pour rejoindre Droits Devant Érable

Crédit musique : Coma-Media de Pixabay

Transcription

Arrimages s’inspire des grandes lignes du Programme de développement durable à l’horizon 2030 pour présenter des actions et des initiatives qui se déroulent au Centre-du-Québec. Le premier objectif du programme est « Pas de pauvreté ». Son but est de diminuer drastiquement, voire éliminer, la pauvreté. Au Canada, au Québec et au Centre-du-Québec, la pauvreté est encore bien présente. Lutter contre la pauvreté, c’est améliorer les conditions de vie des individus, c’est réduire les inégalités et ça permet de renforcer le potentiel des individus, ainsi que des collectivités.

Toutefois, pour viser à l’éliminer, il faut d’abord reconnaître son existence et les réalités des personnes qui la vivent. Droits Devant Érable, un organisme de défense collective des droits a justement lancé la campagne V.E.R.S. Cette campagne vise à sensibiliser la population aux différents visages de la pauvreté dans la MRC de L’Érable. Dans cet épisode, nous allons découvrir comment cette campagne a été créée et comment elle se déploie.

[DÉBUT THÈME MUSICAL] 

Bienvenue à Arrimages, la baladodiffusion du Comité régional en développement social du Centre-du-Québec. Mon nom est Audrey Michel et, à chaque épisode, je vais à la rencontre des gens et des organisations qui s’impliquent pour améliorer la qualité de vie de nos communautés.  Ensemble, explorons les dessous du développement social et son interconnexion avec le développement durable. De la concertation à l’action, découvrons ce qui se fait ici, au Centre-du-Québec. 

[FIN DU THÈME MUSICAL] 

 Audrey Michel : Donc, aujourd’hui, je reçois Yvon Poudrier qui est agent de développement chez Droits Devant Érable et nous allons discuter de la campagne de sensibilisation des différents visages de la pauvreté dans la MRC de L’Érable. Bonjour Yvon, merci d’avoir accepté mon invitation.

Yvon Poudrier : Bonjour Audrey, merci beaucoup de l’invitation, ça me fait plaisir.

Audrey Michel : Super. Avant qu’on rentre dans le vif du sujet, j’aimerais qu’on parle de Droits Devant Érable. Est-ce que tu pourrais m’expliquer un peu c’est quoi la mission de l’organisme et c’est quoi les services que vous offrez ?

Yvon Poudrier : Oui. En fait, l’organisme existe depuis au-delà de 21 ans à Plessisville. Sa mission principale, c’est la défense collective des droits sociaux des personnes vivant une situation de pauvreté. Y a beaucoup de services qui sont offerts. Je peux en nommer que quelques-uns. Quand on parle de défense des droits sociaux, quelquefois, les gens nous sollicitent et ils sont pas très à l’aise de répondre à certaines formalités qui leur sont adressées pour toutes sortes de demandes. Ça devient pour nous une forme d’accompagnement, l’aide dans leur dossier. Il y a des cafés-rencontres aussi qui ont lieu au bureau même de Droits Devant Érable, une fois par mois, où là il y a différents sujets d’information qui sont donnés à toute personne qui veut y participer. Il y a annuellement, ce qui est très apprécié, particulièrement pour ces personnes-là, une clinique d’impôts qui a lieu tout le mois de mars et avril de chaque année avec une minime contribution. Les gens ils sont, je dirais pas quand accompagnés, mais ils sont soutenus dans leur déclaration d’impôts et il y a 2 comptables bénévoles qui sont vraiment très appréciés. Il y a aussi, je dirais, le souci pour Droits Devant Érable, c’est si on ne peut répondre à une demande spécifique, on s’attarde à référer les personnes aux bonnes ressources pour pas justement les laisser dans le vide. Fait que voilà, c’est un peu y a de l’écoute, il y a des recherches de solutions aussi qui sont apportées, mais c’est grosso modo les grandes lignes de la mission et des services de Droits Devant Érable.

Audrey Michel : Merci beaucoup. Maintenant, c’est ça, j’aimerais qu’on parle plus spécifiquement de la campagne de sensibilisation. Mais avant de te poser des questions plus poussées, est-ce que tu pourrais nous faire une brève description de ce que c’est cette campagne-là de sensibilisation ?

Yvon Poudrier : Oui. En fait, la campagne on l’a thématisé. C’est VERS. V. E. R. S. Et pourquoi ? C’est pour que la population puisse mieux Voir et Écouter, Reconnaître et être Sensible à ce que ces gens-là vivent. Et l’objectif ultime, c’est vraiment de démontrer différents visages de la pauvreté dans la MRC de l’Érable. C’est évident que l’important dans tout cela, c’est que la population en général puisse modifier sa perception, sinon son regard envers ces personnes-là. Parce que ces personnes-là ont été, excusez l’expression, pour la plupart ont été « poqués » dans leur vie — toutes sortes de situations qui fait en sorte qui se retrouvent dans cette position-là. Et c’est l’objectif ultime de la campagne pour que la population puisse vraiment être sensible à ce que ces gens-là vivent dans leur réalité quotidienne. Voilà.

Audrey Michel : Génial. Puis est-ce que tu pourrais… tu nous as parlé là du grand objectif, est-ce que tu pourrais nous dire, concrètement, comment ça se concrétise ?

Yvon Poudrier : OK, la campagne, qu’est-ce qu’on fait dans la campagne pour sensibiliser les gens ?

Audrey Michel : Exactement.

Yvon Poudrier : OK, là, je comprends. En fait, à la base, on me pose souvent la question suivante : « Mais pourquoi ce projet-là ? Qu’est-ce qui a pu attirer Droits Devant Érable à mettre de l’énergie dans ce projet-là ? » Si je parle personnellement, c’est… je dirais que les mots qui me reviennent souvent à l’esprit, c’est avoir de l’empathie pour ces gens-là, une croyance profonde qu’on peut leur venir en aide. Pas nécessairement par un service là, parce que ce n’est pas palpable ce qu’on fait là, c’est de changer de mentalité. C’est pas nécessairement simple. Ça se fait pas du jour au lendemain. Puis, personnellement, je vois ça comme un défi afin de contribuer au bien. Je viens du privé, puis quand je regarde ce que je peux faire dans le communautaire, je me sens à l’aise dans ce milieu-là. C’est comme si je voulais transmettre certaines connaissances, ou du moins donner un coup de pouce à ces gens-là.

Et pour venir à ta question de façon plus concrète, nous là, à Droits Devant Érable, pour promouvoir le projet, on a tout simplement mis sur place, ou du moins créer, un PowerPoint dans lequel ça dure 45-50 minutes. Et là, il y a des statistiques qu’on donne sur la pauvreté. Des statistiques qui parlent de la pauvreté dans la MRC de L’Érable ou au Québec en général, mais c’est plus spécifique à la MRC de l’Érable. On va aussi, en même temps, donner l’occasion aux gens de visionner les 4 capsules vidéo – que je parlerai un peu plus tantôt comment est-ce qu’on s’y est pris. Il y a un questionnaire des connaissances. En même temps, à la fin, lorsqu’on a terminé, on fait remplir nos gens un sondage pour voir : « Coudonc, qu’est-ce que vous avez retenu de cela ? Qu’est-ce que vous en pensez ? » Et quand les rencontres sont terminées, on retourne en questionnaire pour savoir : « Qu’est-ce que vous faites dans votre milieu ? » Parce qu’on est pas là, nous, pour faire des échanges qui demandent beaucoup de temps. On se limite entre 45 et 50 minutes pour par la suite revenir avec un questionnaire plus spécifique. On y va par étape. Puis à date, on a eu l’occasion, sur 11 municipalités, dans présenter 5. Il y a des clubs sociaux qui manifestent un intérêt. Et j’ai fait un inventaire des endroits que l’on a fait comme présentation de l’atelier ou qu’on va faire incessamment, puis on est rendu à 22 rencontres d’ici novembre prochain. C’est assez important, mais c’est ce qu’on veut. On veut promouvoir cet atelier-là. Voilà, c’est grosso modo la façon dont on s’y prend.

Audrey Michel : Merci. Je suis contente de voir aussi qu’il y a une belle réponse, un bel intérêt envers les ateliers, justement, de la campagne VERS. On pourra en parler un peu plus en détail sous peu, mais d’abord j’aimerais savoir, qu’est-ce qui t’a amené à travailler sur ce projet-là ?

Yvon Poudrier : J’en ai parlé un petit peu tantôt là, c’est par empathie et dans la croyance que je peux être utile. Mais un jour on s’est posé la question suivante : « C’est pour qui ce projet-là ? Puis à qui on veut vraiment s’adresser ? » La première question n’a pas été trop difficile à répondre. Pour qui ? C’est toutes les personnes qui vivent une situation de pauvreté. Et à qui on veut s’adresser ? Je les mettrais pas par ordre de prioritaire là, mais y a les conseils municipaux, les clubs sociaux, les organismes communautaires. Je reste surpris de la réception de certaines entités comme exemple, la Nuit des sans-abri. Au mois d’octobre, j’allais faire une conférence à cette activité-là. Et je vois qu’il y a beaucoup de réceptivité parce que la pauvreté est très large. Elle n’est pas toujours… et c’est ça qu’on aspire à ce que les gens voient la pauvreté pas juste sur l’aspect financier. Je disais tantôt qu’y a des gens qui ont été malmenés dans leur vie. Ils ont besoin, quelquefois, pas juste l’aspect financier. Ils ont besoin d’accompagnement. Ils ont besoin d’être compris. Ils ont besoin d’être regardés autrement. Ils ont besoin d’être intégrés dans la société parce que l’exclusion sociale fait partie souvent de leur, je dirais, de leur situation.

Et à un moment donné, je me suis posé la question suivante : « Comment moi je définis la pauvreté pour au point croire que ce que je suis en train de faire ça a dû sens ? » Puis, que Droits Devant Érable aussi soit vu comme un organisme de soutien, mais aussi un organisme qui essaie de faire de la concertation avec tous les autres organismes. Il y en a 39 organismes de la Corporation de développement communautaire l’Érable. Mais ils vivent un peu la même situation, c’est-à-dire la plupart de leurs membres ou des personnes qui desservent ou une grande partie vivent en situation de pauvreté. Fait qu’on a un projet qui concerne à peu près à tous les organismes de la MRC de L’Érable. Et pour revenir à ce que je voulais dire, pour moi, la définition de la pauvreté, elle s’apparente à une réponse qui est pas facile à répondre. Je pense que, pour avoir lu un peu sur cela, sans être un connaisseur, il y en a des définitions de la pauvreté. Mais celle qui me rejoint le plus, c’est l’incapacité de pouvoir manger, se vêtir, avoir des soins de santé appropriés et se loger. Et ça, c’est toujours un rapport au reste de la société. Fait que si on s’en va au Gabon, où on s’en va en Afrique, on s’en va un peu partout dans le monde, il y a des gens qui vivent en situation de pauvreté parce que c’est facile de…. ben, c’est facile… c’est particulièrement évident qu’il y a une pauvreté dans un milieu, à comparer de ceux qui sont pas dans la pauvreté. Et c’est un peu ça pour moi, la pauvreté, c’est vraiment d’être capable d’avoir des soins de base ou des éléments de base, comme l’échelle de Maslow le dit si bien, par rapport à un autre créneau dans la même société.

Audrey Michel : Merci beaucoup d’avoir partagé ta définition. Je trouve ça intéressant parce que justement moi-même, avant de faire cette entrevue-là, j’ai regardé moi aussi des définitions. Puis, il y a la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale au Québec qui donne une définition de la pauvreté. Puis, je trouve que ça rejoint un peu ce que tu disais. Parce que oui, on parle de l’aspect économique, mais on va un peu au-delà de ça. Fait que je vais me permettre de la lire, puis je t’inviterai à commenter si tu le souhaites. Dans le fond, on définit la pauvreté comme étant « la condition dans laquelle se trouve un être humain qui est privé de ressources — des ressources, pardon — des moyens, des choix et du pouvoir nécessaire pour acquérir et maintenir son autonomie et pour favoriser son intégration et sa participation à la société. C’est là que je trouve intéressant que ça vient rejoindre ce que tu disais. Que quand on parle de pauvreté, on pense souvent à l’aspect économique, donc l’autonomie économique, être en mesure de pouvoir faire ses propres choix parce qu’on a les moyens économiques de le faire, mais aussi d’être en mesure de participer de façon intégrante à la société.

Yvon Poudrier : Bon, je suis content que tu me dises ça, parce que je trouve effectivement qu’il y a vraiment un lien. C’est comme si tu faisais du pouce avec la définition qui est donnée tantôt. Puis j’ajoutais ceci à celle que tu as observée : c’est le développement personnel de la personne.

Audrey Michel : Tout à fait.

Yvon Poudrier : Ça, ça devient… Je dirais même que ça s’apparente à une meilleure dignité. Toute personne qui vit dans la société a droit à sa propre dignité, quel que soit leur statut. E ça, je trouve ça intéressant ce que tu donnes. C’est beaucoup plus global comme définition. Je trouve ça tout à fait approprier ce que tu ajoutes.

Audrey Michel : Bon bah tant mieux ! [Rires]. Puis, avant d’aller un peu plus dans comment est né le projet, etc. Est-ce que tu seras en mesure un peu justement — parce qu’on vient de parler comment ça se définit la pauvreté — mais ce que tu pourrais nous donner un peu le portrait de la pauvreté dans l’Érable ? Peut-être, nous sortir quelques données ou statistiques de ta présentation qui peut-être marquent les esprits ou qui font sursauter à l’occasion.

Yvon Poudrier : Oui, oui. Puis c’est assez évident que lorsque j’ai lu le rapport de la MRC de l’Érable sur l’indice de défavorisation dans la MRC de l’Érable, dont le dernier date de 2019 — pas besoin de te dire que depuis 2019 et aujourd’hui, la COVID et tout le reste, ça a sûrement été amplifié en fait. Je t’en donnerais 3. La première, lorsqu’on parle du pourcentage de la population de la MRC de l’arabe, ça regroupe 11 municipalités pour environ 23 500 personnes, il y aurait plus de 6,4 % de la population qui reçoivent l’aide du dernier recours (autrefois appelée prestation d’aide sociale). De plus, il y a des secteurs défavorisés dans la MRC de l’Érable. On a une carte dans la présentation de notre atelier, sur PowerPoint, on identifie une carte et il y a des secteurs de couleurs différentes. Et quand on arrive dans les secteurs défavorisés, il y en aurait 40 — excuse-moi — il y en aurait 14 % des personnes qui vivent dans la MRC de l’Érable qui vivent dans un secteur défavorisé. On parle de 3 335 personnes. Comme dans les autres, ça inclut les 1 503 personnes qui reçoivent des prestations d’aide du dernier recours. Puis, un fait aussi qui est qui m’a vraiment étonné — puis c’est pas étonnant de l’entendre là, mais pour ma part — c’est que les familles monoparentales sont représentées par plus de 70 % sous la responsabilité d’une femme. Et dans les familles monoparentales, c’est presque 20 % de ces foyers-là qui reçoivent l’aide du dernier recours. Puis, on parle de 5 120 familles. Ça commence à faire du monde ça là. Donc ça, ce sont des statistiques que l’on donne dans notre PowerPoint. Puis il y a beaucoup d’autres informations que l’on donne aussi. On parle de la pauvreté chez les personnes handicapées, la pauvreté chez — je viens d’en parler — chez les femmes, le phénomène de la pauvreté. Qu’est-ce qui fait que les gens se retrouvent là avec des statistiques ? Il y a plusieurs informations que l’on donne dans le PowerPoint que l’on présente et qui fait état de la pauvreté dans la MRC de L’Érable. Voilà.

Audrey Michel : Merci pour les informations. Maintenant j’aimerais savoir… t’en as parlé un petit peu, que vous êtes questionné à savoir « bon c’est pour qui ce projet-là ? », puis tout ça, mais un peu… c’est né d’où ce projet-là ? Parce que je sais que Droits Devant Érable, vous êtes membre du Comité stratégique de développement social de l’Érable, puis que la lutte contre les préjugés, ça l’a été identifié comme étant un des enjeux prioritaires par le comité en question. Donc est-ce que tu pourrais me parler un peu, justement, des réflexions vous avez eu à l’interne, parallèlement à l’identification de cet enjeu-là par le Comité stratégique de développement social ? Comment ça s’est déroulé ?

Yvon Poudrier : Ouais. Bon, c’est simple, puis, en même temps, il y avait rien de défini à la base. René Levasseur, Madame Renée Levasseur, qui était autrefois par intérim au niveau de la direction de l’organisme, a soulevé le point suivant et on a partagé tous les 2 pendant un certain temps. L’objectif, c’était comment faire pour promouvoir une meilleure connaissance de l’organisme ? Et il a été soulevé certains éléments. Il y en a un qui est ressorti souvent dans notre discussion, c’est pourquoi qu’on ferait pas une campagne de sensibilisation afin de démontrer différents visages de la pauvreté ? Là, je te fais un bref résumé, c’était pas aussi évident que ça à la base. Mais l’objectif, c’était oui, on veut se faire connaître, mais on savait pas comment. Et là, plus on participait au Comité stratégique de développement social de la MRC de L’Érable, plus on s’est apercevait que faire une campagne sur la sensibilisation liée à la pauvreté devenait un enjeu collectif. Et c’est là qu’on s’est mis à faire des démarches en croyant que ce projet-là pourrait être vraiment mis en place, avec l’aide d’un comité consultatif qu’on a créé. Il y a eu 12 organismes de la MRC de l’Érable qui ont accepté de challenger ces idées de base là du projet à 2 reprises avant, officiellement de dire : « OK, je pense qu’on est prêt là, on peut commencer à mettre au monde cette réflexion-là et de partir la campagne. » Voilà, c’est aussi simple que cela. De la question est arrivée la naissance d’un projet qui est débuté depuis le lancement en mai cette année.

Audrey Michel : Justement, tu viens de mentionner qu’il y a un comité consultatif qui s’est mis en place. Est-ce que tu pourrais nous nommer dans un premier temps, les partenaires qui ont participé à ce comité consultatif là ?

Yvon Poudrier : Oui.

Audrey Michel : Et parler un peu de la façon qu’ils ont contribué au projet, qu’est-ce qu’ils ont apporté de plus à ce que vous aviez pensé initialement ?

Yvon Poudrier : OK. Il y a Impact Emploi à Plessisville. Il y a l’Association des personnes handicapées de L’Érable, la polyvalente La Samare, la Maison des jeunes L’Express de Plessisville, la Maison des femmes des Bois-Francs, ORAPÉ, et il y a… Attendez une minute… oui, l’Office régional d’habitation de L’Érable. Il y avait dans le temps le préfet de la MRC de l’Érable, Jocelyn Bédard, la ville de Laurierville par le DG. Il y avait aussi Caroline Moreau de la Corporation de développement communautaire de l’Érable, la directrice générale. Il y avait 2 bénévoles qui étaient liés à Droits Devant Érable. Il y avait aussi le CIUSSS par Nathalie Dang Vu. Puis, il y avait aussi Amada du Comité régional de développement social du Centre-du-Québec. Et comme de raison, il y avait René Levasseur et moi. Donc à l’aide de ces personnes-là, ils ont été très participatifs. Je dirais qu’aux 3-4 mois, on se rencontrait, dépendamment du cheminement où on était rendu. Un moment donné, on a eu l’aval, puis on a parti le projet qui est en cours, voilà.

Audrey Michel : Puis ce comité, là, vous vous êtes rencontrés comme tu le disais, mais comment ils ont contribué au projet là ? Comment ils ont bonifié ?

Yvon Poudrier : OK.

Audrey Michel : Ou comment ils ont donné une plus-value au projet, là, dans sa forme actuelle ?

Yvon Poudrier : Parfait. Bonne question. En fait, on a fait avec eux 2 présentations comme si on rencontrait un conseil municipal, ou un organisme du milieu, ou un club social. On a présenté le projet sous forme de PowerPoint sans prétendre qu’il était up-to-day et sans prétendre qu’il était tout à fait conforme à la réalité. Pour venir à ta question, ces gens-là, étant dans des milieux différents, ont été en mesure de dire : « Oups Yvon, ou Renée, il y a des éléments à l’intérieur de ça qui pourraient être modifiés, ajoutés selon ce que nous on vit. » Et c’est exactement ce qui est arrivé. Donc chacun des organismes ont donné leur point de vue. Puis il est arrivé à un résultat où nous, on a cru que ce qu’on retenait des entretiens pouvait favoriser amplement la mise en place du projet. Donc c’est vraiment, je dirais le mot qui résume le plus à ta question, c’est ils sont venus challenger et bonifier le projet. Et le projet s’apparente souvent autour du PowerPoint, des capsules, parce que c’est notre outil, ce sont nos outils de communication, à part les affiches et à part le Facebook de Droits Devant Érable. Voilà.

Audrey Michel : Merci. Puis, est-ce que t’aurais un exemple peut-être, justement, d’une de ces choses-là qu’on te dit : « Ah ça, ça pourrait… ça aurait le mérite d’être bonifié ou creuser un peu plus » ? Est-ce que tu aurais un exemple concret de quelque chose qui a été apporté par un partenaire ?

Yvon Poudrier : Je dirais que de façon générale, il n’y a pas eu nécessairement des éléments. Ça a été vraiment ce qu’on appelle du peaufinage quand les gens ont participé. Mais pour nous, ce qui était le plus important, c’était de créer de la concertation pour que les organismes participants puissent être inclusifs au projet. Ça, je pense, c’est autant important, sinon même plus que ce qu’ils ont pu nous donner comme commentaire ou bonification ou l’effet de se faire challenger. Parce que de façon générale, je dirais, tout le contenu de l’atelier était très représentatif. Il y a des choses où on a coupé parce que c’était pas nécessaire d’en mettre plus que ce qui était nécessaire. Donc, c’est plus là que ça s’est fait, c’est plus le peaufinage. Parce que toutes les fois qu’il nous faisait des commentaires, il fallait bien souvent bonifier pour que ça soit plus représentatif. Mais tout ça, c’est surtout, d’abord et avant tout, parce que ces gens-là se sont sentis inclusifs au projet. Et ça, pour nous, ça devenait important parce que c’est la concertation qui fait que ce projet-là a pu être représentatif quand on fait des présentations depuis le mois de mai, puis qu’on va en faire encore, c’est pas fini là. Donc c’est de cette façon-là que ce comité-là a pu se situer dans notre bonification du projet.

Audrey Michel : Merci. Puis, je vais me permettre une reformulation pour voir si j’ai bien compris ce que tu disais. Dans le fond la contribution des partenaires, c’est le fait que ça vous a amené à, justement, être plus représentatif des différents visages de la pauvreté.

Yvon Poudrier : Exact.

Audrey Michel : De prendre en considération différentes situations qui peuvent être vécues par, par exemple, les usagers de chacun de ces organismes-là.

Yvon Poudrier : Tout à fait, tout à fait. C’est exactement ça. Ça peut pas être plus clair.

Audrey Michel : Excellent. Maintenant, j’aimerais qu’on parle des capsules vidéo,

Yvon Poudrier : Oui.

Audrey Michel : Donc, tu l’as nommé, il y a à 4 capsules vidéo.

Yvon Poudrier : Oui.

Audrey Michel : Sans aller dans le gros détail, est-ce que tu pourrais juste nous présenter brièvement le scénario de chacune de ces capsules-là ? Qu’est-ce que ça… Qu’est-ce qui est représenté dans chacune de ces capsules-là ?

Yvon Poudrier : OK. À la base, en fait, il y a 3 choses. La première, ce qu’on voulait, c’est que le projet de la campagne, ou du moins le contenu, puisse être attractif. Ça, c’est un des premiers critères qu’on voulait. Le deuxième, que ce soit représentatif. Puis le troisième, qu’il y ait, à l’aide de ces capsules-là, qu’il y ait une certaine forme d’outil de visibilité. Donc, si nous on propage les capsules, ben on aspire à ce que d’autres entités puissent les utiliser pour les promouvoir à l’intérieur de leur de leur propre entité. Et l’idée, ça a été de faire participer différents organismes qui ont accepté de solliciter 3 personnes. Il y a 6 organismes de la MRC de L’Érable qu’on a sollicité pour leur demande ceci : « Accepteriez-vous de solliciter 3 personnes, que vous pourriez sélectionner, qui accepterait de nous faire part de ce qu’ils vivent ? » Et à notre grande surprise, on en a eu 15. On visait 18, mais 15, c’est déjà pas mal. Et du mois de février au mois d’avril 2021, le producteur et moi, par Zoom, on a fait des entrevues qui nous ont donné beaucoup d’émotions. Beaucoup d’émotions parce qu’il y a des réalités, là, on était face à eux dans le Zoom.

Mais les gens recevaient une lettre de confidentialité, savaient que leur nom ne serait pas mentionné. Puis, ils avaient au préalable les 5 questions qu’on posait. Donc ça s’est déroulé de façon assez favorable. Il y a eu ORAPÉ qui a accepté de nous référer des personnes. La Maison des femmes des Bois-Francs, la Maison des jeunes L’Express de Plessisville, la polyvalente La Samare, l’Association des personnes handicapées de L’Érable, puis l’Association régionale d’habitation de L’Érable. Pour te mettre en contexte, on est pendant 45 minutes pratiquement, c’est ça sûr que ça prenait par entrevue, avec des gens qui nous répondent adéquatement selon leur vécu. Je dis adéquatement, parce que chacun avait leur propre histoire-là. Et l’objectif ultime de tout cela, c’est que le producteur puisse avoir du contenu pour que les capsules puissent être représentatives, dont un des critères que l’on voulait dans cette campagne-là, qu’elle soit attractive la campagne, mais qu’elle soit aussi représentative. Puis on sait qu’à ce jour, les 4 capsules, qui durent environ 3 minutes, 3 minutes et demie, représentent vraiment la réalité. Et pour nous, c’est une grande fierté et même je dirais… j’irais même jusqu’à dire un certain… une certaine forme de soulagement d’avoir d’être capable non pas juste de dire, mais de visualiser. C’est pour ça que la thématique, Voir, Écouter, Reconnaître et Sensibiliser, ces capsules-là, je dirais que c’est pratiquement 50 % de notre outil de visibilité ou de sensibilisation dans notre dans notre campagne. Voilà.

Audrey Michel : C’est vraiment intéressant de voir comment vous avez procédé pour créer ces capsules-là, puis de voir comment c’est basé sur le vécu de personnes réelles qui vous ont inspirées. Je suis curieuse, c’est quoi les 5 questions que vous posiez lors de ces entretiens-là ?

Yvon Poudrier : OK. En fait, une des premières questions, c’est : comment se fait-il que vous vous trouvez dans une situation de pauvreté ? En ce qui concerne votre vécu, quelle est votre priorité la plus importante dans votre vie si demain matin vous auriez ce qu’il faut pour sortir de cette pauvreté-là ? Et la troisième : comment vous la vivez ? Est-ce que vous la vivez avec de l’isolement ? Est-ce que vous vivez des préjugés ? Est-ce que vous trouvez que la population en général vous soutient ? Et avez-vous des organismes qui vous soutiennent adéquatement ?

C’est pas mal le résumé des questions assez pertinentes. Puis j’irais même plus loin que ça. Même si on posait 5 questions, je dirais au-delà de 80 % des personnes qu’on a interviewées, on débordait. On se retrouvait sur un autre terrain qui était plus approprié que de s’en tenir juste aux questions. Parce que la personne est plus ouverte ou le contraire, puis on n’avait pas pensé de parler de ça. Puis la personne nous emmène là où on pensait pas aller. Mais on avait quand même un guide, puis les questions, c’était ça. Puis c’était aussi, ou principalement, dans le but de sécuriser les personnes qui sachent, où est-ce qu’on s’en va avec nos questions-là. On voulait pas les embêter en entrevue, mais ça s’est vraiment bien déroulé. Je dirais que la plupart des personnes ont-ils ont vu ça comme une certaine forme de reconnaissance dans leur vécu. Oui, on prend la peine de les respecter, les autres qui prennent la peine de se confier. Puis ça, c’est drôlement intéressant à titre d’agent de développement, puis à titre de producteur des capsules. Je te jure, on avait des frissons sur le bras. On avait chacun nos caméras. On était ici dans mon appart, puis la COVID était encore là. Quand moi j’étais plus capable, c’est Pierre-Luc qui prenait le relais parce que des fois, on entendait des affaires là qui… qui c’est ça, qui nous faisait frémissez. Voilà.

Audrey Michel : Pierre-Luc étant Pierre-Luc Houde, le producteur des capsules. On l’avait pas nommé encore, donc, pour préciser aux auditeurs/auditrices.

Yvon Poudrier : Oui, comédien à ses heures et un homme très sympathique et est très très dévoué dans ce projet. Il a vraiment pris ça à cœur Pierre-Luc. Et voilà. Puis c’était lui qui était notre animateur lors du lancement au mois de mai de la campagne.

Audrey Michel : Excellent. Les capsules vidéo, si les gens veulent les visionner, je vais mettre le lien dans les notes d’épisode vers le lieu où ils pourront, elles pourront aller les visionner.

Yvon Poudrier : Oui, oui.

Audrey Michel : Donc ça sera facilement rétractable de cette façon-là. Mais peut-être pour donner le goût aux gens, est-ce que tu pourrais juste nous nous faire un bref avant-goût de qu’est-ce qu’on retrouve dans ces 4 capsules ?

Yvon Poudrier : Oui, puis je suis content que tu me poses la question. Il y a une première capsule là, qu’on donne un avertissement aux gens parce que c’est une femme de… aujourd’hui dans la cinquantaine qui… la comédienne a été assez, assez direct dans ses propos qui sont par la fois un peu vulgaires, un peu sexistes. Mais je termine en disant que cette femme-là, à partir de l’âge de 2 ans jusqu’à très tard dans sa vie, elle a été vraiment abusée. Donc on fait un avertissement aux gens quand ils écoutent cette première capsule-là.

Puis la deuxième, c’est un homme qui vit honorablement. Il est en auto. Il est avec sa femme, l’épicerie pleine en arrière dans l’auto, et y a un ballon qui passe devant son auto. Puis au lieu de frapper l’enfant qui veut recueillir son ballon, il frappe un mur, puis il devient inapte. Tout ce qu’il fait pour l’instant, il y avait une bonne profession, mais pour l’instant, il emballe dans une épicerie.

La troisième, c’est une femme qui a été très présente dans son milieu de travail, au point d’oublier sa famille. L’alcool par-dessus ça. Puis à un moment donné, elle se retrouve dans la pauvreté un peu plus évidente.

Puis la quatrième, c’est une belle occasion de voir qu’elle s’en est sortie. Une femme à l’âge de ses hauts 18 ans, devenue enceinte lors d’un party arrosé et elle dit qu’elle met de côté ses études à l’université. Puis, à un moment donné, elle s’est posé la question : « Coudonc, si j’ai un enfant, est-ce que je peux me permettre de retourner à l’université ? » Elle a le courage de terminer ses études. Aujourd’hui, elle est propriétaire d’un cabinet en comptabilité qui engage 6 femmes. Elle donne à la société. Elle est membre de certains comités, certaines associations et elle contribue au bien commun à sa façon.

Audrey Michel : Bon, merci pour l’information, Yvon. Comme je l’ai dit, je vais mettre les liens dans les notes d’épisode. Puis bon, on a parlé des capsules, mais ces capsules-là font partie, justement, d’un atelier. Elles existent à part entière, donc elles pourront être utilisées dans d’autres contextes, mais à la base, elles sont utilisées dans le contexte des ateliers qui sont présentés par Droits Devant Érable.

Yvon Poudrier : Oui.

Audrey Michel : Est-ce que tu pourrais nous présenter un peu le déroulement d’un atelier ? Comment ça se passe ?

Yvon Poudrier : Ah, oui, oui. En fait, pour répondre à question, je dirais qu’il y a 1, 2, 3, 4, 5… il y a 6 sections dans la présentation du PowerPoint. Comme de raison, on parle de la thématique. On parle spécifiquement, en préambule, qui nous sommes Droits Devant Érable, c’est quoi la mission, pour venir au propos tantôt initialement discutés. À qui ça s’adresse ? Puis pour qui on fait cela ? Puis comment qu’on s’est pris ? Fait que ça, c’est le premier module de notre introduction.

Puis on précise aussi à qui on veut adresser ou promouvoir ce projet-là. Fait que là, on fait le listing du milieu politique ou municipal, les appareils administratifs de l’État — on est en démarche actuellement — les clubs sociaux, les organismes communautaires, les médias dont, entre autres, la TVC Érable — il va y avoir aussi un droit de parole, puis la date officielle, c’est le 18 octobre prochain — et la population générale.

Après ça, on passe au questionnaire des connaissances, excusez. Le questionnaire de connaissances, ça, c’est dans le PowerPoint qui a 4 questions par choix multiple. Puis, on n’ose pas demander aux gens de répondre, on leur donne des choix… parce que le l’atelier va durer trop longtemps, mais on leur pose des questions. Savez-vous le pourcentage des personnes qui reçoivent l’aide du dernier recours dans la MRC de L’Érable ? Combien qu’il y a de personnes qui vivent dans des secteurs défavorisés ? Et là j’en passe là. Donc, il y a ce questionnaire des connaissances pour sensibiliser les participants à une meilleure connaissance de ce qui se passe dans la MRC de L’Érable, au niveau de la pauvreté. Et là, on présente la première capsule avec un avertissement.

Après ça, on parle des données, des données qui ont été prises à l’intérieur du rapport de l’indice de défavorisation de la MRC de L’Érable. On parle de statistiques. On parle des phénomènes de la pauvreté. On parle des coûts de la pauvreté. C’est quoi les impacts pour la société ? Par la suite, l’on présente la deuxième capsule.

On continue avec les données, les pauvretés chez les personnes handicapées — la pauvreté, excusez — chez les femmes. On passe la troisième capsule et là on parle de mode solution, façon de parler. On parle de l’expérience qui a eu lieu à Vancouver. J’invite les gens à s’informer sur « Vancouver et ses sans-abri ». C’est une association à but non lucrative, avec l’université de la Colombie-Britannique, qui ont décidé d’injecter et donner à 100 personnes, dans 2 groupes différents, des sous pour qu’après un an on puisse voir : « Qu’est-ce qui a eu comme amélioration dans leur vie ? » Et ça, c’est assez flagrant. Ça se passe à Vancouver, mais ça pourrait se passer ici. C’est très positif de cette expérience-là. Il y a aussi la mise en mouvement d’Impact Emploi. On leur fait part qu’il existe un organisme à Plessisville qui aide les gens à avoir… Ils appellent ça l’atelier des connaissances. C’est pas dans le but d’aller chercher un travail, mais toute personne qui vivent en situation de pauvreté ou pas de participer à cet atelier-là pour savoir, coudonc — de partager leur vécu — qu’est-ce que j’ai déjà fait, qu’est-ce que j’aimerais faire et qu’est-ce qui m’empêche de le faire ? Et là, on est vraiment dans la mode solution. Et des fois c’est pas toujours une solution financière. Des fois, c’est de l’accompagnement parce que les gens vivent une situation particulière.

Puis, on termine avec un sondage d’appréciation sur l’atelier pour encore une autre fois se faire challenger par les participants pour leur dire : Avez-vous aimé si vous avez aimé ? Oui, puis pourquoi ? Puis s’ils avaient moins aimé, c’est quoi ? Puis, pourquoi ? Et on remercie les gens qui nous ont aidés, les partenaires, à mettre en place le projet-là dans le but de le réaliser d’ici mars 2022. Voilà, c’est comme ça que ça se passe.

Audrey Michel : Parfait. Puis t’as mentionné dans ta dans ton explication que le 18 octobre il va avoir un droit de parole. C’est quoi ça, un droit de parole ?

Yvon Poudrier : Oui. En fait, c’est assez nouveau que le lieu est pas défini, ni l’heure, mais ça va s’officialiser cette semaine. Mais la date est vraiment définie là. Le 18 octobre, c’est un mardi. L’objectif ultime de ce droit de parole là, c’est de solliciter des personnes par le biais des membres de la CDC Érable à participer parce qu’ils vivent une situation de pauvreté, de participer à cet atelier-là dans le but de créer des tables de discussion. Donc si, exemple, j’hypothèse que 100 personnes qui participent, on va créer des tables de 5 à 7 personnes avec une animation pour questionner les gens sur leur vécu. Qu’est-ce qui fait qu’ils se retrouvent là ? Un peu comme on a fait avec les entrevues pour les capsules. Donc on va se retrouver face à face avec des gens qui vivent en situation de pauvreté, pour que, par la suite, être capable de faire un rapport des résultats de ces entrevues-là avec les conseils municipaux et les clubs sociaux, le droit de parole, avec peut-être éventuellement les politiciens. Mais pour venir à ta question, c’est vraiment de donner le droit à ces gens-là de nous faire part de leur vécu.

Audrey Michel : C’est très intéressant. Merci pour le partage. J’arrive maintenant avec ma toute dernière question, qui est : jusqu’à présent — le projet est pas terminé, on le sait, tu l’as mentionné, ça se poursuit jusqu’au 31 mars 2023 — mais jusqu’à présent, qu’est-ce qui te rend le plus fier dans la réalisation de ce projet ?

Yvon Poudrier : Je vais peut-être répéter, mais la première chose — étant donné qu’on l’a fait, ça, c’est pas terminé — c’est de créer un… j’irais même jusqu’à dire une certaine forme de sentiment de concertation parce que ça rejoint plusieurs personnes. Ce qui me rend fier jusqu’à ce jour, c’est que l’activité liée aux ateliers, aux capsules, aux droits de parole, répond à un besoin. Puis ça, moi j’ai découvert ça au fur et à mesure du développement pis de l’avancement du projet. Puis, une certaine forme du devoir accompli ou du devoir à accomplir. Et ça, c’est personnel, ça. C’est ça. J’y vais un peu avec mon expérience dans le privé, j’étais en affaires. Puis, on dirait que ça m’aide beaucoup à être capable de mettre en place une certaine structure, une certaine capacité à pouvoir propager le message et de m’apercevoir que, d’une rencontre à l’autre, ça a du sens ça cette affaire-là.

Audrey Michel : Absolument. Sur ces belles paroles, je te remercie beaucoup, Yvon, d’avoir pris le temps aujourd’hui de discuter avec moi pour présenter ce qu’est la campagne de sensibilisation V.E.R.S. J’espère que ça aura inspiré les auditeurs et auditrices. Et d’ailleurs, si jamais il y en a qui sont à l’écoute et qui souhaiteraient prendre contact avec Yvon pour prévoir un atelier dans leur organisation, je mettrai les coordonnées d’Yvon en notes d’épisode. Donc, elles seront facilement retrouvables. Donc, encore une fois merci beaucoup Yvon.

Yvon Poudrier : Ça fait plaisir.

[DÉBUT DU THÈME MUSICAL]

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 [FIN DU THÈME MUSICAL]