Par Manon Samson, chargée de projet

À Bécancour : expérimentation, réflexion… et action

Dans le but de soutenir l’engagement des citoyens dans l’amélioration de leurs conditions de vie, deux rencontres tenues successivement en février et en mars ont réuni des gens particulièrement actifs dans la communauté de Bécancour.

Dix-sept personnes ont répondu au premier appel et ont accepté de répondre à un sondage dynamique à partir de la fiche d’appréciation du potentiel de développement des communautés. Les résultats étant compilés le soir même, ceci a permis de dégager, notamment, les forces et les faiblesses de la communauté. Lors de la rencontre, on  a présenté aux participants un état de la situation du secteur de Bécancour issu du portrait socio sanitaire rendu public par l’Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec et de l’enquête citoyenne de 2010.

L’exercice d’appréciation a permis d’identifier cinq forces qui gravitent autour de l’aspect des relations sociales, des communications, de l’entretien et de la propreté ainsi que la présence de leaders dans la communauté. « La population, peut-on lire dans le compte-rendu, évolue dans un cadre où les relations avec les voisins sont bonnes, les immeubles et les terrains sont propres, les gens utilisent des moyens de communication modernes et des personnes tentent de susciter l’implication dans des projets du milieu.»

Au chapitre des faiblesses, les répondants ont identifié le peu de participation citoyenne et le manque de diversité dans les services. « Les services de proximité ne répondent pas aux besoins de plusieurs personnes. Les organisations constatent un manque et un essoufflement des bénévoles. Les citoyens sont peu enclins à participer à des projets qui pourraient améliorer la situation dans la communauté. »

Cette rencontre a servi d’amorce à la seconde, tenue en mars, laquelle a fait évoluer la réflexion collective en suggérant des pistes d’action. On pense donc profiter du 50e anniversaire de la ville de Bécancour, en 2015, pour multiplier les occasions de faire connaître son histoire à ses nouveaux résidents.  Aussi, le comité des nouveaux résidents ajoutera la mise sur pied d’activités et d’outils afin d’intégrer  les nouveaux citoyens à la vie communautaire. De plus, on souhaite profiter du projet local "Mission Tout-Petits" (Avenir d’enfants) pour organiser une activité qui saura rallier les familles.  Finalement,  les gens ont manifesté leur ouverture à mettre en commun un lieu et des équipements, afin de réaliser une activité qui pourrait rassembler la communauté.

De solides alliés dans le Développement des communautés


     
David Bouchard, conseiller en entrepreneuriat collectif au CLD de la MRC de Bécancour,  Michèle Boulard technicienne en assistance sociale et Mario Guilbert, organisateur communautaire au Centre de santé et de services sociaux de Bécancour-Nicolet-Yamaska.

 

                

 Photo : Manon Samson

 


Pistes de solutions collectives

Cette démarche est inscrite dans un processus entamé il y a quelques années par  une enquête citoyenne appuyée par le Conseil communautaire de l’endroit. Invités à commenter, les partenaires que sont David Bouchard, conseiller en entrepreneuriat collectif social du CLD de Bécancour, Michèle Boulard, technicienne en assistance sociale et Mario Guilbert, organisateur communautaire au CSSS de Bécancour-Nicolet-Yamaska, insistent sur l’importance de réunir les gens de la collectivité afin de réfléchir, de pointer des pistes de solution collectives et, éventuellement, de trouver le moyen de les mettre en action.

« Nous avons des pistes de solutions intéressantes, insiste David Bouchard, mais on note aussi que les moyens sont limités ».

On constate souvent qu’à certains endroits où il y a des infrastructures, il manque d’enthousiasme et d’engagement de la part des gens, et là où la population est prête à s’engager, il manque cruellement d’installations. « Ça prend des leaders et des lieux pour se donner une vision d’ensemble et réaliser des projets » disent-ils. « C’est tout à l’honneur des gens de la localité de prendre part à des rencontres de ce type et de contribuer à une recherche de solutions collectives », commentent les partenaires.


Ajoutons que c’est probablement par la tenue de rencontres et d’échanges qu’on réussira aussi à éveiller les consciences et à susciter la mobilisation nécessaire à la dynamisation des communautés. On se réjouit d’ailleurs de la présence du conseiller municipal aux rencontres. On y voit là, la démonstration d’une bonne volonté politique. Les municipalités sont souvent des partenaires de premier choix dans le soutien aux initiatives communautaires.

C’est chose connue que pour renforcer le tissu social, il faut que les citoyens connaissent bien leur localité et qu’ils aient l’occasion d’échanger et de fraterniser. Mais également, les milieux doivent compter sur un groupe de personnes motivées et impliquées ainsi qu’avoir accès à des moyens financiers pour mettre en place les projets.

Une chose demeure, les trois partenaires du CSSS et du CLD sont prêts à reprendre l’exercice dans d’autres communautés. Entre-temps, ils demeurent optimistes. Tous les trois se disent « en mode réflexion sur la manière de soutenir les milieux à faire lever les projets. »