Par Manon Samson, chargée de projet

Notre-Dame-de-Ham : Là où l’enthousiasme de Geneviève et Christelle est contagieux!

 






  
Notre-Dame-de-Ham, ce beau village vallonné qui porte depuis quelques années l’épithète «dévitalisé», est en train de vivre une véritable révolution générée par l’enthousiasme de Geneviève Boutin et Christelle Leclerc, deux chargées de projets (au pluriel!) embauchées par la petite municipalité.
Voyons voir : le camp de jour qui à un moment ne comptait que quelques enfants en a accueilli 26 l’été dernier. La salle municipale a aussi été rénovée. On peut donc y danser ou jouer au billard là-même où les membres du conseil municipal siègent. Sans compter que la belle grande véranda accueille bon nombre de joueurs de cartes et surtout des joueuses, dit-on. Si, actuellement on compte une quinzaine d’ados, les 12-17 ans, on sait qu’une quarantaine de 05-12 ans seront bientôt en quête d’activités. Et ce n’est pas tout : une dizaine de bébés devraient voir le jour cette année. La collectivité s’enrichit, et on en tire une grande fierté!

En 2011, c’est le CLD d’Arthabaska qui a sondé les cœurs des villageois en leur demandant ce qu’ils aimeraient à Notre-Dame-de-Ham. Le résultat tournait surtout autour de cette volonté de contrer l’isolement autant pour les personnes plus âgées que pour les jeunes. Un comité, solidement appuyé par Geneviève et Christelle, a tôt fait de poser des gestes concrets avec l’appui de la municipalité.

Au titre des réalisations, on a également donné un coup de jeunesse au bâtiment jouxtant la patinoire; on a grandement amélioré les installations du parc pour en faire un véritable lieu bigénérationnel où l’on retrouve des jeux de pétanque, un mini-putt, mais aussi des bancs pour jaser autour de la fontaine, des modules de jeux pour les petits et une piste d’hébertisme pour les plus aventureux.

      

Les filles, Geneviève et Christelle,
posent fièrement au parc bigénérationnel.
Photo: Manon Samson

 
Cet automne, on proposera aux jeunes des activités sous un thème assez large pour convenir à plusieurs, À la rencontre de soi. Les jeunes pourront se familiariser avec certains métiers, avec la musique, le chant, la mosaïque sur verre…et même le rire!

Ce fameux comité de développement de Notre-Dame-de-Ham a obtenu une aide financière de 30 000 $ du Fonds régional de soutien à la réflexion et à l’action en matière de développement social du Centre-du-Québec mis de l’avant par le Comité régional en développement social du Centre-du-Québec. Et la municipalité a aussi accepté de poursuivre son engagement financier si bien que Geneviève et Christelle se retrouvent embauchées à temps plein ce qui semble les ravir d’autant qu’elles génèrent autant de projets que de jours qui passent.
 
«Nous sommes très créatives, s’entendent-elles pour dire, puisque nous devons tout faire avec de petits budgets.»

Elles sont conscientes d’en mener beaucoup en même temps, mais ont la satisfaction de savoir que les citoyens sont derrière elles.

« Nous travaillons fort pour qu’on en vienne à assurer la pérennité des services en place. On se colle aux projets qui fonctionnent bien. On met le paquet, disent celles qui faisaient le taxi au début pour aller chercher à la maison les jeunes qui voulaient prendre part à certaines activités. » « On a également le souci de mettre les réseaux en commun. »

Elles parlent du Club de l’âge d’or, du comité récréatif et de la Coopérative de solidarité qui administre un restaurant, une épicerie, une station service et qui veut proposer, l’an prochain, un marché public.

Si Christelle est native de Notre-Dame-de-Ham, sa collègue et amie Geneviève dit avoir été littéralement adoptée par le petit village. C’est un amour réciproque, dit-elle. Elles travaillent en duo et la combinaison gagnante de leur énergie fait qu’elles s’encouragent et multiplient les réalisations et les plaisirs.

«Nous sommes très contentes de voir la réaction des gens qui participent de plus en plus à nos activités. En plus, ils sont généreux et nous remercient souvent. Les membres du conseil municipal aussi nous disent qu’ils nous apprécient. Pour notre part, on est aussi très fières de voir que des projets s’organisent sans nous! Nous considérons qu’il s’agit d’une très belle réussite.»

Elles inscrivent dans leur carnet de projets, celui de faire un bottin des ressources pour les familles (une mamie, par exemple, qui pourrait garder des enfants au retour de l’école); un service de covoiturage pour les villes voisines; et quoi d’autre encore?

Les filles veulent non seulement transmettre le goût de se réunir et de s’amuser à leurs concitoyens, mais souhaitent aussi inculquer ce savoir-vivre aux enfants.

Misons sur le fait qu’elles relèveront ce défi, puisque leur enthousiasme est définitivement contagieux!