Par Manon Samson, chargée de projet

Sur la route du développement social, trois préoccupations émergent

  
 Photo: Manon Samson  
Réunis à l’invitation du Réseau québécois en développement social et du Comité régional en développement social du Centre-du-Québec, les représentants d’une vingtaine d’organismes ont permis, le 17 octobre dernier, d’identifier trois grandes préoccupations régionales que sont le défi du financement,  l’implication du milieu politique ainsi que l’hypersollicitation (hyperconcertation) et l’arrimage des organisations.

En fait, huit grands thèmes avaient été énoncés pour réchauffer les esprits, et les participants ont rapidement fait leur choix conscients qu’ils sont de la réalité du développement social au sein de chaque MRC du Centre-du-Québec.



Les huit préoccupations :

  • Le développement social et les démarches régionales sont aux prises avec un déficit de reconnaissance et de visibilité.
  • Les efforts soutenus, la créativité et le temps consacré au financement ont pris une importance croissante et diminuent le temps accordé à la réalisation d’actions.
    L’évaluation est perçue comme insuffisante et l’absence d’indicateurs à cet effet est largement décriée.
  • Un phénomène souvent rapporté est la difficulté d’associer les élus aux actions déployées par les milieux.
  • À part quelques exceptions, les acteurs du milieu économique sont trop souvent absents des concertations, si ce n’est de certains acteurs du secteur de l’économie sociale.
  • Il n’est pas toujours clair si la participation citoyenne est un objectif à atteindre ou une condition de réalisation au développement social.
  • Même si des efforts et des réponses à l’hyperconcertation émergent dans certaines régions, le problème demeure pour la plupart d’entre elles.
  • Le développement social dépend largement du soutien de l’État sans pour autant avoir un port d’attache reconnu par celui-ci.

Les discussions ont été fécondes en cet avant-midi d’octobre où des participants aguerris ont largement contribué non seulement à cerner des préoccupations, mais aussi à identifier des pistes d’action.

Le défi du financement : Le nerf de la guerre!
Parce qu’on l’identifie véritablement comme le nerf de la guerre, le défi du financement a tôt fait de rallier la majorité des participants qui souhaitent qu’on en parle davantage. On ne réalise pas, assure-t-on, les impacts du sous-financement des organismes.
La non-récurrence de certains fonds fait en sorte de multiplier les efforts nécessaires pour garnir les coffres des organismes puisque les sources de financement sont souvent accordées par projet et non pas pour la mission même.

L’implication du milieu politique
Renforcer les liens entre le développement social et le milieu politique contribuerai à la reconnaissance et la pérennité des actions. Les participants ont dit être bien conscients du fait qu’il faut tisser des liens avec les élus sur des enjeux sociaux, afin d’assurer la récurrence des fonds publics. La communication est cet élément vital qui, là aussi, est identifié pour se faire connaître et entretenir de meilleures relations.
Parmi les pistes de solution, on pense à se doter d’indicateurs de réussite, afin d’être en mesure d’identifier les succès et en mesurer les retombées. Peut-être ces indicateurs de réussite sauraient-ils convaincre!

Trop de concertation?
Enfin, la question de l’hypersollicitation ou hyperconcertation a fait surface devant la multiplication des organismes et des sources privées et publiques de financement. À cet égard, les participants s’entendent pour dire que si l’intersectorialité est indispensable pour les organismes, il est tout aussi important de maintenir une vision globale afin d’éviter les dédoublements dans les actions et la multiplication des lieux de concertation.

Communication et participation citoyenne
Si la communication ou plutôt le besoin de communiquer davantage a été souvent mis en évidence, toutes préoccupations confondues, plusieurs participants ont tenu à redire, aussi, l’importance de la participation citoyenne indispensable à tous les niveaux du développement social.