Par Manon Samson, chargée de projet

La Carotte joyeuse 2.0, la transformation alimentaire au service de la lutte contre la pauvreté

 
 Photo: Manon Samson  

En mettant en place ce projet au nom inspirant, la Carotte joyeuse 2.0, les nombreux partenaires du territoire des MRC de Nicolet-Yamaska et de Bécancour voulaient non seulement récupérer des denrées alimentaires et en assurer la transformation, mais aussi offrir une première expérience de travail valorisante à un groupe de jeunes.

Marie-Hélène Laliberté-Rock, l’actuelle chargée de projet, raconte que c’est un producteur maraîcher qui a bien involontairement lancé la longue réflexion qui a mené à la naissance de la Carotte joyeuse 2.0. En effet, lui qui voulait donner ses légumes déclassés aux organismes de sécurité alimentaire s’est buté à un manque d’espace d’entreposage, un manque de main-d’œuvre et un manque d’espace de transformation. Ouf!

Si on a dû renoncer aux carottes du généreux maraîcher, on n’a pas pour autant renoncé aux dons qui pourraient surgir à l’avenir. La question a été longuement discutée par les membres du Carrefour santé, économie sociale et communautaire. À la suite de cette rencontre, un comité de partenaire est formé, bonifié par des acteurs du territoire de la MRC de Bécancour. La Carotte joyeuse 2.0 était née!

Soulignons que cette structure de concertation qu’est le Carrefour réunit des acteurs communautaires, sociaux, d’économie sociale, du milieu de l’éducation et des citoyens. Le Carrefour fait partie  du CLD de la MRC de Nicolet-Yamaska et est piloté par la Corporation de développement communautaire (CDC) Nicolet-Yamaska.  Un des buts du Carrefour est de susciter la collaboration et la concertation. La Carotte Joyeuse 2.0 en est un bel exemple. À la base, une problématique pour les groupes communautaires de devoir refuser des dons alimentaires, s’est transformée en opportunité pour le Carrefour jeunesse-emploi Comté de Nicolet-Yamaska et de Bécancour de mettre en place un plateau de travail, une opportunité pour le CLD Nicolet-Yamaska de pouvoir référer aux entreprises du secteur de la transformation alimentaire, des jeunes avec une expérience de travail, etc.

Le nouvel organisme est actuellement logé au CITAN, le Centre d’innovation en transformation alimentaire de Nicolet, une infrastructure d’exception dédiée à la transformation alimentaire. Les participants du plateau de travail trouveront donc là tout ce dont ils auront besoin pour recevoir les denrées, les transformer et les entreposer.

Sollicitation et mise en place
La chargée de projet a déjà sollicité 52 producteurs et transformateurs. Six d’entre eux ont accepté de donner des aliments de façon régulière ou ponctuelle. Une dizaine d’autres pourraient emboîter le pas au fil des productions saisonnières.

« De façon générale, note Marie-Hélène Laliberté-Rock, la réaction des producteurs est fort positive. Il faudra toutefois établir un cycle d’entrée des produits au gré des saisons, et des récoltes puisque Dame nature se montre parfois très généreuse, parfois moins. »

Le projet profite d’une contribution de 30 000 $ du Fonds régional de soutien à la réflexion et à l’action en matière de développement social du Centre-du-Québec. La CDC Nicolet-Yamaska assure la gestion financière du projet en attendant qu’il vole de ses propres ailes. Il reste, en cette fin d’hiver, à obtenir l’aval de Service Canada à qui on a demandé le financement nécessaire pour créer le plateau de travail qui devrait accueillir huit jeunes de 16 à 30 ans pendant 20 semaines. Ils profiteront de cette première expérience de travail pour explorer la transformation alimentaire et prendre part à des ateliers socioprofessionnels.

Seize organismes en profiteront
Depuis son entrée en fonction, Marie-Hélène Laliberté-Rock a non seulement sollicité les producteurs, mais elle a aussi sondé les organismes qui pourront profiter des aliments récupérés par la Carotte joyeuse 2.0. Ces organismes desservent déjà les clientèles des deux MRC. Pour certains, on pourra acheminer les denrées, des carottes, par exemple, pour d’autres, ce sera plutôt des cubes de carottes congelés ou encore du potage à la carotte.

Marie-Hélène ayant une formation en nutrition, pourra également jumeler ces aliments à des recettes ou les plats cuisinés à de judicieux conseils sur les saines habitudes de consommation.

« Notre objectif, commente Marie-Hélène, est de contribuer à améliorer l’offre en sécurité alimentaire tout en développant l’employabilité des jeunes. »

Elle ne cache pas que dans une seconde phase, il pourrait y avoir trois plateaux de travail de manière à ce qu’il n’y ait pas d’interruption dans les services de réception et de transformation des denrées. S’inscrit aussi dans les intentions, celle de devenir une entreprise d’économie sociale de manière à établir de solides bases de financement, voire d’autofinancement puisqu’on souhaite assurer la pérennité des activités.

Quoi qu’il en soit, le projet profite d’ores et déjà de l’appui de nombreux partenaires que sont le Carrefour jeunesse-emploi Nicolet-Yamaska, le Centre local de développement (CLD) Nicolet-Yamaska, la Corporation de développement communautaire (CDC) Nicolet-Yamaska, Option-Santé Bécancour Nicolet-Yamaska, le Centre local d’emploi (CLE) Nicolet-Bécancour, la Corporation de développement économique (CDÉ) de Nicolet, le Centre d’innovation en transformation alimentaire de Nicolet (CITAN), la Corporation de développement communautaire (CDC) de Bécancour, le Centre local de développement (CLD) Bécancour, la Commission scolaire de la Riveraine, le Conseil des Abénakis d’Odanak, le Développement bioalimentaire Centre-du-Québec ainsi que le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA).